Bonjour,
Comme vous l’aurez remarqué je me suis fait discret pendant les fêtes de fin d’années, cela a été l’occasion de profiter de mes proches et voyager afin d’attaquer la nouvelle année du bon pied et avec le plein d’énergie qui sera nécessaire pour mener à bien tous mes projets.
J’en profite pour vous souhaiter une bonne année, que 2024 soit une prescription de bonheur, de réussite et de succès dans tous vos projets ! Que la joie illumine chaque page de votre nouvelle année, et que votre santé soit la première ligne de cette prescription. Que chaque jour vous apporte des moments de bien-être, d'accomplissement et de prospérité. À une année pleine de vitalité, de projets épanouissants, et surtout, de rires qui résonnent comme la meilleure des médecines. Bonne année 2024, prescription de bonheur garantie ! 🌟💊
Pour ceux qui découvrent Prescription, je suis Mathieu Barbanson, un pharmacien passionné par les sujets de santé public et d’innovation en santé. Mon objectif est de vous partager les dernières actualités françaises avant tout et internationales quand je trouve celles-ci intéressantes en vous les rassemblant sous un format de newsletter simple et accessible à tous, que vous soyez professionnels de santé, patients ou tout simplement curieux.
Partons à la découverte des dernières actualités de santé en ce début 2024 !
Politiques santé ⚕️
🧑⚖️ Passage de la loi Immigration et changement de Ministre de la Santé
Nous avions évoqué lors d’un précédent numéro le projet de loi sur l’immigration qui avait été responsable de la suppression puis du rétablissement de l’Aide Médicale d’État (AME) en novembre/décembre. La “loi immigration” a finalement été adoptée le 19 décembre 2023 par le Parlement, ce qui a suscité une vive réaction de la part de plus de 5 000 professionnels de santé, qui ont appelé le président de la République Emmanuel Macron à retirer ce qu'ils considèrent comme un texte "mortifère". Cette mobilisation exprime une inquiétude profonde quant aux implications de la loi sur le modèle de santé humaniste qui fait la renommée de la France sur le plan de la médecine. Les soignants dénoncent une remise en cause grave de ce modèle, mettant en avant les conséquences préjudiciables sur l'accès aux soins pour les populations vulnérables, en particulier les enfants et les migrants avec des risques d’augmentation de la mortalité infantile et de propagation de maladies infectieuses dans la population. Les critiques soulignent également l'impact négatif sur la solidarité et la qualité des services de santé.
Face à cette contestation, le ministre de la Santé en poste depuis Juillet 2023, Aurélien Rousseau, a présenté sa démission, illustrant le désaccord au sein du gouvernement sur cette question cruciale. A la suite de sa démission, Agnès Firmin Le Bodo a été désignée pour assurer l’intérim jusqu’à la nomination de Catherine Vautrin ce jeudi 11 janvier 2024 par Gabriel Attal, nouveau Premier Ministre suite à la démission d’Elisabeth Borne le 8 janvier 2024. En l’espace de moins de 2 ans, il y aura ainsi eu pas moins 5 figures différentes au poste de Ministre de la Santé avec Brigitte Bourguignon de mai à juillet 2022, François Braun de juillet 2022 à juillet 2023, Aurélien Rousseau de juillet 2023 à décembre 2023 puis Agnès Firmin Le Bodo et désormais Catherine Vautrin.
Espérons que 2024 se place sous le signe de la stabilité côté politique et que les sujets liés à la santé puissent de nouveau avancer pour le bien des professionnels de santé et des patients !
Recherche, Innovation et évolution des pratiques 🔬
🚰 Présence inquiétante de particules de plastique dans les bouteilles d’eau
Une étude scientifique parue le 8 janvier 2024 dans la revue PNAS a mis en lumière une réalité troublante concernant la présence de particules de plastique dans les bouteilles d'eau, révélant des quantités 100 à 1000 fois plus importantes que ce que l'on pensait auparavant. Ayant mis au point une nouvelle méthode optique de détection et de caractérisation des micro- et nanoparticules de plastique, l’équipe de chercheurs a pu analysé trois grandes marques d'eau conditionnées, révélant en moyenne 240 000 particules de plastique par litre d'eau (les résultats montrant que chaque litre contenait entre 110 000 et 370 000 particules par litre), dont 90% étaient des nanoparticules, jusqu'alors indétectables par les méthodes existantes. Si la quantification des microplastiques était possible jusqu'à présent (dont la taille est comprise entre 1 micromètre et 5 millimètres), les nanoplastiques, inférieurs à 1 micromètre, échappaient aux mesures. Les principales sources de ces particules étaient identifiées comme étant le nylon, provenant des filtres de purification de l'eau mise en bouteille, et le PET (polytéréphtalate d’éthylène), matière première des bouteilles plastiques.
Cette découverte suscite des inquiétudes quant à d'éventuelles conséquences sur la santé, car les particules plus fines ont la capacité de franchir les barrières biologiques et d'atteindre la circulation sanguine, affectant potentiellement des organes vitaux tels que le cerveau et le cœur. Bien que les études sur les effets des microplastiques sur la santé restent limitées, certaines ont déjà évoqué des répercussions sur la reproduction. Ces nouvelles données soulignent l'ampleur du problème des plastiques dans notre chaîne alimentaire et appellent à des recherches plus approfondies pour évaluer les risques potentiels associés à la consommation quotidienne d'eau en bouteille. Une prise de conscience collective et des efforts supplémentaires pour réduire notre dépendance aux plastiques et promouvoir des alternatives durables sont désormais impératifs pour protéger la santé humaine et l'environnement. Des études vont également être menées sur l’eau du robinet qui devraient également contenir des particules de plastiques mais en moindre quantité.
Vous pouvez en lire plus à ce sujet dans cet article du Monde, résumant les grandes lignes de l’article paru dans la revue scientifique PNAS.
Prévention 🚨
🙅🏼♂️ Dry January, l’occasion d’ouvrir les yeux sur sa consommation d’alcool ?
Initié au Royaume-Uni en 2013, le Dry January est un mouvement mondiale qui encourage un mois sans alcool durant le mois de janvier. Cette initiative s’est importée en France depuis 2020 et gagne en popularité en France pour sa 5ème édition qui rassemble déjà plus de 16 000 inscrits sur le site dryjanuary.fr et 35% des français qui se déclarent prêts à participer d’après un sondage BVA - La Ligue contre le cancer. |
Il est à souligner qu’en comparaison à d’autres campagnes de prévention en France, le Dry January n’est organisé que par le biais d’associations (principalement en lien avec la santé et les addictions) et ne reçoit pas de soutien direct de l’État qui préfère se concentrer sur la “prévention auprès des jeunes et des femmes enceintes” en matière d’alcool. Pourtant l’État a manifesté plusieurs fois un intérêt notamment en 2019 avec Santé Publique France qui devait lancer l’opération “Janvier 0°” avant de finalement être abandonnée sur la demande du président de la République. Pour montrer à quel point la prévention des risques liés à l’alcool est essentielle, en particulier en France où l’alcool à une dimension sociale importante, l’OMS recommandait début décembre 2023 d’augmenter les taxes sur l’alcool au niveau mondial afin d’encourager les populations à moins consommer, de la même façon que cela est pratiqué pour le tabac.
Les chiffres alarmants de la consommation d'alcool en France rendent cette initiative plus pertinente que jamais puisque selon les données de Santé Publique France et du Ministère de la Santé en 2023 :
A l’échelle mondiale, l’alcool est considéré comme le troisième facteur de risque de morbidité, après l’hypertension artérielle et le tabac ;
L'alcool a été impliqué dans 49 000 décès en France (cancers, maladies cardiovasculaires, accidents, etc), représentant la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac ;
1 français sur 5 (23,6% dans la tranche d'âge 18-75 ans, 2017) dépassant les repères de consommation préconisés depuis 2017 : ne pas consommer plus de dix verres standard par semaine ; ne pas consommer plus de deux verres par jour ; avoir des jours sans consommation dans une semaine.
Vous l’aurez compris, le Dry January se profile ainsi comme une occasion de remettre en question ces habitudes en plus d’être une réponse communautaire à un défi de santé publique majeur, incitant chacun à réévaluer sa relation avec l'alcool et à adopter un mode de vie plus sain en sensibilisant aux bienfaits de l'abstinence. Si vous participez ou souhaitez participer au Dry January, des ressources sont disponibles en ligne sur le site dryjanuary.fr avec notamment des guides et des témoignages de participants quant à leur expérience et une application mobile “Try Dry” est également disponible pour vous soutenir durant cette expérience.
Alors pourquoi ne pas se laisser tenter par l’expérience du Dry January, cela pourrait vous aider à vous interroger sur votre consommation d’alcool et pourquoi pas vous aider à démarrer l’année de la meilleure des façons ! Parmi les bienfaits retournés par les experts et les participants (dès le premier mois !), on retrouve :
un sommeil amélioré, allant avec un regain d’énergie et de concentration ;
une peau en meilleure santé (l’alcool ayant un effet déshydratant) ;
une amélioration des fonctions hépatiques grâce à la régénération du foie et des défenses immunitaires contre les virus accrues ;
et des économies non négligeables !
Félicitations aux associations qui ont géré et encadré l’organisation de ce Dry January 2024 : Addict’AIDE, l’association Addictions France, la Fédération Addiction, la Fédération française d’addictologie, France Assos Santé, France patients experts addictions, la Ligue contre le cancer, Société française d’alcoologie et le RESPADD.
Digital 📱
💊 Découverte d’une nouvelle classe d’antibiotique grâce à l’intelligence artificielle
En Europe, où plus de 150 000 infections par an liées au Staphylocoque doré (S. aureus) résistant aux antibiotiques entraînent plus de 35 000 décès, la nécessité de développer de nouveaux antibiotiques est cruciale. Une lueur d'espoir émerge dans la lutte contre les infections résistantes aux antibiotiques grâce à l’usage d’une intelligence artificielle utilisant la technique de deep learning dans le processus de recherche. Une étude publiée dans la revue Nature en décembre 2023 a révélé la découverte d'une nouvelle classe structurelle d'antibiotiques, offrant des résultats prometteurs contre des infections redoutables telles que le SARM (S. aureus résistant à la méticilline) et les entérocoques résistants à la vancomycine.
Grâce aux algorithmes, les chercheurs du MIT et de Harvard ont évalué les effets de plus de 39 000 composés sur le Staphylococcus aureus ainsi que sur trois types de cellules humaines provenant du foie, du muscle squelettique et des poumons. Une fois entraînée sur ces 39 000 composés, l'intelligence artificielle a ensuite analysé 12 millions de substances déjà présentes sur le marché pour identifier celles qui pourraient avoir une utilité potentielle. L'intelligence artificielle a joué un rôle clé en anticipant virtuellement, à partir de la structure chimique de milliers de molécules, non seulement des propriétés antibactériennes potentielles, mais également leur toxicité ou leur innocuité pour les cellules humaines. Cette approche novatrice a permis de sélectionner des composés avec une balance bénéfice/risque optimale, une avancée majeure dans la conception d'antibiotiques.
Grâce à leur modèle, les chercheurs ont notamment identifié deux molécules de la même famille qui ont ensuite été évaluées sur des souris. Les résultats ont indiqué que ces composés parviennent à réduire la présence de staphylocoques dorés résistants en cas d'infection par un facteur de 10. Ces résultats sont plus qu’encourageant et ouvrent de nouvelles perspectives dans le développement de médicaments pour traiter les infections résistantes. Il restera toutefois à passer toutes les étapes de formulations puis des différentes phases d’essais précliniques puis cliniques avant d’envisager une validation pour une autorisation de mise sur le marché du médicament. En exploitant les capacités de l'intelligence artificielle, cette avancée représente un exemple concret de la manière dont la technologie peut être un catalyseur pour l'innovation médicale, ouvrant la voie à de nouvelles approches dans la découverte de médicaments.
La rentrée se fait en douceur pour ce premier numéro qui est un peu plus condensé que les précédents, mais je l’espère toujours aussi pertinent pour vous !
En attendant la prochaine parution, je reste bien évidemment disponible pour discuter des sujets d’actualité en parallèle, alors n’hésitez pas à me contacter je serai ravi de pouvoir échanger avec vous. Je vous remercie d’être de plus en plus nombreux à me lire et à soutenir ce projet.
Merci de m’avoir lu et je vous dis à très vite pour un nouveau numéro de Prescription,
Mathieu
